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Manuel Valls sera candidat d'ici à mardi

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Manuel Valls sera candidat d'ici à mardi

Message  tisiphoné le Dim 4 Déc - 21:49

04.12.2016

Foin de "délai de décence" : en dépit de l'utilisation intensive de cet "élément de langage", comme disent les conseillers politiques, Manuel Valls, l'homme pressé, ne dérogera pas à la règle qui constitue aussi sa méthode. Sa déclaration de candidature à la primaire de la gauche devrait intervenir ce lundi, au plus tard mardi matin, suivie dans la foulée de son départ de Matignon. Il ne siégera donc vraisemblablement pas sur le banc des ministres mardi à 15 heures pour la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. Certes, le futur ex-Premier ministre, après avoir pris le temps de savourer samedi le clasico Barça-Real, passe ce dimanche en famille. "Un moment de recul", a-t-il indiqué à ses proches. Mais pour le reste, "ça va se faire vite", assure l'un de ses lieutenants. "Il n'y a aucune raison de temporiser : une campagne, ça se fait ou ça ne se fait pas", ajoute un autre.

Lire : Renoncement de Hollande, les hollandais sont groggy et les vallsistes ne se précipitent pas
"C'est le temps du Président, de l'intégration de ce choc"

Pas question de partir au combat depuis Matignon. Valls sait que l'accaparante gestion des affaires gouvernementales courantes mettrait en péril sa future campagne. C'est la conclusion qu'il a tirée de son expérience à la tête du gouvernement, mais aussi de la cinglante défaite en 2002 de Lionel Jospin, dont il fut le porte-parole. Le futur candidat veut avoir les coudées franches et l'esprit libre. Voilà pourquoi il devrait débarrasser rapidement le plancher de Matignon. Après le "choc émotionnel", selon ses propres mots, qu'a constitué le renoncement du chef de l'État auquel il a très largement contribué, Valls entend cependant mettre les formes. "C'est le temps du Président, de l'intégration de ce choc. On est très respectueux de ce temps-là", explique-t-on à Matignon. Les deux hommes devaient se parler aujourd'hui, même si, hier soir, aucun rendez-vous n'était fixé.
«Ce qui va compter, c'est la cohésion et l'efficacité»

À l'évidence, François Hollande, rentré hier soir d'Abu Dhabi, n'a pas la moindre intention de consulter Valls sur le choix de son successeur. "Le Premier ministre aimerait y être associé, mais le Président ne va demander son avis à personne, et certainement pas à Valls", prévient un intime du chef de l'État. Depuis l'abdication présidentielle, jeudi soir, le gouvernement a officiellement vocation à demeurer un terrain neutre. "Le Président va vouloir mettre en place un dispositif opérationnel rapidement pour assurer la continuité de l'État, explique-t-on au Palais. Ce qui va compter, c'est la cohésion et l'efficacité. Si le Président a décidé de se détacher de la compétition électorale, ce n'est pas pour y mettre les mains. Il faut donc un gouvernement qui se tienne à l'écart des divisions de la primaire…" De là à comprendre que non seulement Valls mais aussi les ministres qui lui sont les plus liés n'y ont plus leur place, il n'y a qu'un pas, bien vite franchi. "Tout ministre doit se poser la question", ajoute un proche du Président, visant notamment celui aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, "l'homme de Valls…"

Le fait que les amis de Manuel Valls plaident fortement pour la nomination du ministre de la Défense, Jean Yves Le Drian, un hollandais historique qui s'est, au fil du temps, rapproché du Premier ministre, ne constitue donc pas un argument décisif, bien au contraire… Sur le papier, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, fait lui aussi partie des favoris. "Il incarne à la fois la continuité et la confiance, il est très lié à Manuel, mais sa loyauté absolue va à Hollande", note un excellent connaisseur des équilibres gouvernementaux. Mais outre qu'ils ont manifesté peu d'appétence pour Matignon, ces deux ministres régaliens, sur fond d'alerte terroriste maximale, restent difficiles à déplacer.

Lire également : Quand Hamon se prépare à affronter Valls
"L'enjeu pour la primaire sera de construire cette unité"

François Hollande pourrait également envisager de promouvoir la ministre de la Santé, Marisol Touraine. "Elle a fini son boulot au ministère, c'est une femme, elle a été irréprochable avec Hollande… Il n'y a aucun argument contre sa nomination", poursuit cette source. L'on cite également le nom de Michel Sapin, le patron de Bercy, vieux fidèle du Président. Autres représentants du canal historique des hollandais, Stéphane Le Foll, à l'Agriculture, ou Ségolène Royal, à l'Environnement, semblent pour leur part présenter une trop grande proximité avec le chef de l'État. Quoi qu'il en soit, ce dernier ne cherchera pas à savoir quelle est la plus confortable des solutions pour le Premier ministre en partance…
«Essayer de redonner de l'espoir à sa famille politique divisée»

Quant à la déclaration de candidature de ce dernier, il la situera sous le signe d'un nouveau départ : "Rendre ses chances à la gauche". "Valls a une responsabilité nouvelle, celle d'essayer de redonner de l'espoir à sa famille politique divisée, parcourue par le doute et choquée par ce qui s'est passé jeudi soir, résume l'équipe du chef du gouvernement. L'enjeu pour la primaire sera de construire cette unité." S'il a l'intention de "défendre le bilan" du quinquennat, comme il l'a indiqué vendredi à Nancy, il devrait également en venir rapidement à son programme, se positionner en "candidat de projet". Présenter une "équipe de rassemblement, avec des gens de toutes les sensibilités du PS et de la gauche". Et bien sûr déployer son traditionnel activisme en matière de déplacements de campagne.
Valls, donc, est décidé à "rassembler". L'enjeu est d'importance pour celui qui a fait de la rupture sa marque de fabrique. "Le ciment est en train de prendre", jure un vallsiste. L'histoire est un peu trop belle pour être honnête, Valls ayant toujours fortement clivé et crispé ses camarades. Les fidèles hollandais, "orphelins" selon l'un d'eux, semblent perdus. Beaucoup ont appelé Stéphane Le Foll pour le pousser à se présenter. Mais celui-ci prend son temps. "Si les hollandais avaient dû apporter leur soutien à Valls, cela aurait déjà été fait", dit l'un.

Lire également : Semaine décisive pour Valls et la gauche

Du côté de Martine Aubry, qui se préparait à soutenir François Hollande et dont l'hostilité à l'égard du Premier ministre est légendaire, "on regarde, on écoute et on n'est pas pressé", explique son lieutenant, le député François Lamy. "Valls, jamais, prévient un autre aubryste. L'erreur historique de ce quinquennat, c'est lui. Il a passé son temps à fracturer." Difficile de prévoir à ce stade de quel côté penchera le marais socialiste, traditionnellement légitimiste. Quant au Président, il affecte de s'en laver les mains et ne devrait soutenir personne dans cette primaire.

"Ça se joue plus sur la participation que sur le soutien de l'appareil. Avec 500.000 votants, on ne fera pas un immense score. Mais s'il y en a un million, on sera devant", veut croire un vallsiste. Ce que tempère un proche du chef de l'État : "Il y a un niveau élevé de haine chez les militants socialistes, qui considèrent désormais que Valls est un traître. Il n'a aucune chance de gagner la primaire." Pour Valls, c'est bel et bien l'heure de vérité.

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