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Quel catholique est Emmanuel Macron?

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Quel catholique est Emmanuel Macron?

Message  tisiphoné le Mar 10 Avr - 20:54

10.04.2018

"J'ai une réflexion permanente sur la nature de ma propre foi, mais j'ai suffisamment d'humilité pour ne pas prétendre parler à Dieu."



POLITIQUE - Coup double pour Emmanuel Macron. L'appel du président de la République à "réparer" le lien "abîmé" entre l'Église et l'État prononcé ce lundi devant l'épiscopat français lui a valu dans la foulée un procès en "atteinte grave à la laïcité" de la part de la gauche et des francs-maçons, une partie droite dénonçant quant à elle "une récupération grossière" doublée d'une "vision communautariste" de la société.

La majorité présidentielle a tenté de reprendre la main dans la matinée en insistant sur les rappels à l'ordre républicain du chef de l'Etat, qui figuraient eux aussi en bonne place dans son discours des Bernardins, et en pointant le souci de l'Elysée de s'adresser à toutes les franges de la société, qu'elles soient croyantes ou pas. "L'Etat est laïc en France, mais la société française n'est pas laïque", a renchéri le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, reprenant une formule chère au président de la République. L'épiscopat, lui, ne cachait pas sa satisfaction. "Je pense que le discours d'hier est un discours qui fera date dans l'histoire des relations entre l'Eglise catholique et l'Etat", a applaudi sur France Inter le porte-parole de la CEF, Mgr Olivier Ribadeau Dumas.

De quoi nourrir les interrogations, récurrentes depuis le début du quinquennat, sur Emmanuel Macron, la laïcité et son propre rapport à la foi catholique.

Catholique discret et apôtre de la transcendance

Partisan d'une laïcité libérale "apaisée", hostile à ce qui s'apparenterait à une radicalité laïcarde, Emmanuel Macron se démarque de ses prédécesseurs à l'Elysée, qu'ils aient été croyants ou pas, par un itinéraire fluctuant au sein de la communauté des croyants. Ni athée ni pratiquant, le président de la République a raconté comment, à l'âge de 12 ans, il a demandé le baptême contre l'avis de sa famille "de tradition plutôt laïque". Un acte de rébellion qui le pousse dans une démarche spirituelle.

Le Monde a narré dans une enquête consacrée au lycée jésuite La Providence, son passage dans cet établissement d'Amiens où Emmanuel Macron a ébloui par son talent et où il a rencontré sa future femme Brigitte, qui y enseigne le Français. Issue d'un milieu plus conservateur, Brigitte Macron est présentée par l'entourage du jeune président comme croyante sans que la première dame n'ait jamais fait l'étalage de sa foi.

"Quand on sort de chez les jésuites, on en sort soit révolté, soit catho", témoigne Jean-Paul Delevoye, une des têtes pensantes d'En Marche! qui a fréquenté les mêmes bancs.

S'agissant du futur président, c'est un peu plus compliqué que cela.

De son baptême où il affirme être "allé tout seul à l'Eglise", Emmanuel Macron a raconté que "ce fut le début d'une période mystique qui a duré plusieurs années. Après quoi, je me suis éloigné de la religion."

De la religion donc mais pas du questionnement spirituel qui l'accompagne souvent. "J'ai une réflexion permanente sur la nature de ma propre foi, mais j'ai suffisamment d'humilité pour ne pas prétendre parler à Dieu", confiait-il pendant sa campagne présidentielle à La Vie. Une équation intime qui a frappé Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire chrétien. "Macron est un homme qui a une vraie quête intérieure mais qui ne veut pas se laisser enfermer dans des étiquettes religieuses", raconte-t-il au HuffPost. "Alors que François Hollande était fermé à la spiritualité et n'envisageait les cultes que dans le cadre d'un rapport de force politique, Emmanuel Macron est un président métaphysique", assure-t-il.

Un goût pour l'imaginaire historique religieux

Si Emmanuel Macron n'est pas une grenouille de bénitier, cela ne l'empêche pas de se plonger avec délice dans des transports sacrés. Aux Bernardins, "il est allé très loin dans la reconnaissance de la spiritualité, de l'héritage cultuel de l'Eglise catholique. Il n'hésite pas à rentrer dans l'imaginaire historique du religieux", note encore Jean-Pierre Denis.

De son passage à la basilique de Saint-Denis, nécropole des rois de France, au lendemain de sa déclaration de candidature, jusqu'à son hommage à Jeanne d'Arc à Orléans, le futur président s'est sans cesse inscrit dans la continuité des racines chrétiennes de la France sans pour autant les essentialiser: "Notre République (...) s'ancre dans cette histoire millénaire avec laquelle nous devons savoir renouer, du sacre de Reims à la fête de la Fédération, comme le disait Marc Bloch".

De cet imaginaire national teinté de religiosité, Emmanuel Macron parsème ses discours, en bon prédicateur d'une transcendance qui réconcilie autant qu'elle transporte. "Je ne sais pas si Emmanuel Macron est catholique. En tout cas, il a ce sens de l'absolu, de la beauté que d'autres peut-être ont moins. C'est un littéraire. C'est un intellectuel. Il y a du poète chez Emmanuel Macron", a confié ce mardi sur LCI le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb.

Au risque de produire une "pensée complexe" qui se prête mal aux joutes politiques en 280 signes.

L'Eglise catholique, un lobby comme un autre?

Nourri de cette spiritualité qui imbibe son engagement politique, Emmanuel Macron n'en oublie pas pour autant son rôle de président de la République. De l'avis des observateurs du monde de la foi, le chef de l'Etat n'a jamais marqué de préférence pour l'Eglise catholique par rapport à un autre culte, honorant le rendez-vous annuel au dîner du Conseil représentatif des institutions juives (Crif) avec la même ponctualité que devant la Fédération protestante de France à l'occasion des 500 ans de la Réforme. Le gage d'une laïcité d'Etat capable d'inclure toutes les croyances et non-croyances dans un même cadre.

"La laïcité ça n'est pas la négation des religions; c'est la capacité à les faire coexister dans un dialogue permanent", a-t-il prévenu devant les Protestants. Le patron de La Vie, Jean-Pierre Denis, se souvient d'un dîner réuni autour des questions bioéthiques. "L'Eglise a été reçue au même rang que les autres religions et les associations dont celle de Jean-Luc Roméro [qui défend le droit à mourir dans la dignité, NDLR]. Aux yeux du président, les religions sont ramenées au rang de lobbies comme les autres".

Quoi qu'en pensent ses détracteurs qui lui reprochent d'avoir "abîmé" la laïcité pour courtiser l'électorat catholique, le chef de l'Etat n'a eu de cesse d'affirmer qu'il savait faire la part des choses entre le domaine de la foi et celui de la loi. "Chaque individu est libre de croire de manière très intense. Je ne demande à personne d'être discret dans sa pratique religieuse, ou modéré dans ses convictions intimes. Mais en tant que citoyen, l'attachement aux règles républicaines est un préalable. C'est notre socle commun", prévenait-il avant son élection dans La Vie.

S'ils ont obtenu une marque de considération de la part du chef de l'Etat lundi soir, les responsables catholiques conviennent qu'ils n'ont pas obtenu grand chose d'autre. "Il n'a rien lâché sur deux sujets sensibles: les migrations et l'euthanasie, rappelle Jean-Pierre Denis. Emmanuel Macron offre une reconnaissance distante aux religions. Mais au final, il leur a dit qu'il n'en fera qu'à sa tête".

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