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François Fillon est-il vraiment la version française de Margaret Thatcher?

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François Fillon est-il vraiment la version française de Margaret Thatcher?

Message  tisiphoné le Mar 22 Nov - 18:07

22.11.2016

COMPARATIF « 20 Minutes » confronte le programme de François Fillon à celui mené par l’ex-Première ministre britannique dans les années 1980…

Ce mardi, François Fillon apparaît grimé en Margaret Thatcher à la Une de Libération. Ce montage réalisé par le publicitaire Guillaume Titus-Carmel – un habitué de l’exercice du croisement de photos – peut amuser ou agacer, il n’empêche : l’ex-Premier ministre français ne cesse de clamer son admiration pour l’ex-Première ministre britannique. Jusqu’à affirmer, comme le rapporte L’Express : « J’aimerais bien laisser dans l’histoire une trace aussi forte que celle de madame Thatcher ». Mais son programme est-il digne de la Dame de fer ?
Les impôts

Ce qu’elle a fait : Thatcher voulait baisser la fiscalité et elle tient sa promesse : les impôts directs reculent nettement… Mais cette baisse est plus que compensée par une hausse des prélèvements obligatoires indirects et notamment, de la TVA – qui est passée de 8 % ou 12 % selon les produits à un taux unique de 15 %.

Ce qu’il veut faire : Fillon, qui estime que « plus il y a d’impôts, moins il y a d’emplois », veut créer un véritable choc fiscal en baissant notamment les prélèvements des entreprises de 40 milliards d’euros et ceux des ménages, de 10 milliards. Comme il l’écrit dans son programme : « Le seul moyen de financer cet électrochoc de croissance est d’augmenter les deux taux supérieurs de la TVA de 2 % sans toucher au taux de base s’appliquant aux produits de première nécessité ». Autrement dit, la TVA passerait de 10 % à 12 % sur les médicaments non remboursés ou encore les transports et de 20 % à 22 % sur les autres produits et services. Les aliments de base resteraient eux taxés à 5,5 %.
Les dépenses publiques

Ce qu’elle a fait : Lorsque Thatcher arrive au pouvoir, le Royaume-Uni est le (très) mauvais élève de l’Europe. Elle veut donc réduire le déficit. Pour y parvenir, elle réduit le rôle de l’Etat à ses fonctions régaliennes, diminue le nombre de fonctionnaires et comprime les dépenses publiques, en particulier dans le logement, les transports et la santé. Elle privatise également de nombreuses entreprises publiques. Le taux de chômage explose – il passe de 5 % en 1979 à 11 % en 1983 – avant de se réduire – à 5,8 % en 1990. Mais les emplois précaires se sont multipliés et les inégalités se sont accrues – si le niveau de vie moyen progresse, le nombre de pauvres double.

Ce qu’il veut faire : Fillon estime que le déficit public ne passera pas sous la barre des 3 % en 2017 – le gouvernement pense le contraire. En tout cas, il veut réaliser 110 milliards d’euros d’économies en cinq ans. Comment ? En supprimant certaines collectivités territoriales, notamment en fusionnant les Départements et les Régions, en repoussant l’âge de la retraite à 65 ans, en instaurant le système de retraite par capitalisation ou encore en supprimant 500 000 postes de fonctionnaires.
Le dialogue social

Ce qu’elle a fait : Pour affaiblir les syndicats, dont les grèves massives paralysaient régulièrement le Royaume-Uni, Thatcher a fait voter cinq lois au cours des années 1980. Elle a notamment redéfini les conditions du droit de grève et favorisé le recrutement des travailleurs non syndiqués. En 1984, elle veut fermer les puits de charbon déficitaires. Les mineurs entrent en grève… pendant plus d’un an. Mais Thatcher ne lâche rien, reprenant ainsi les recettes qu’elle a déjà éprouvées avec les grévistes de l’ IRA provisoire en 1981. Parmi les nationalistes qui avaient cessé de s’alimenter, dix décèdent, dont Bobby Sands.

Ce qu’il veut faire : Fillon veut simplifier le droit du travail – en supprimant plus de 3 200 des 3 400 pages du code du travail – et renvoyer tout le reste à la négociation d’entreprise. Ce qui devrait donner davantage de poids aux syndicats. Mais, dans le même temps, il semble vouloir les court-circuiter d’une part en relevant les seuils sociaux, comprenez le nombre minimum de salariés à partir duquel de nouvelles obligations apparaissent comme la mise en place des délégués du personnel ou du CHSCT, et d’autre part en favorisant la tenue de référendum auprès des salariés.

>> A lire aussi : Le référendum, un outil de plus en plus utilisé dans l'entreprise
L’Europe

Ce qu’elle a fait : Thatcher était clairement eurosceptique. C’est elle qui a obtenu le fameux « rabais britannique », soit une baisse de la contribution du Royaume-Uni au budget de l’UE, après avoir prononcé cette célèbre phrase : « We want our money back » (« Nous voulons récupérer notre argent »). Elle ne voulait pas du fédéralisme – soit un partage du pouvoir entre les Etats dans certains domaines – préférant l’instauration d’une Europe des nations, fondée sur la coopération. Elle voyait surtout l’UE comme un vaste espace économique dans lequel il fallait encourager le libre-échange et la concurrence. Opposée à la Russie, Thatcher est pro-américaine et même l’une des meilleures amies du président étasunien de l’époque, le Républicain Ronald Reagan.

Ce qu’il veut faire : Fillon aime rappeler qu’en 1992, il avait fait campagne contre la ratification du traité de Maastricht. Il oublie cependant de dire qu’il n’était pas présent lors du vote parlementaire et que, en 2005, il a défendu le camp du « oui » lors du débat sur la Constitution européenne. Dans son actuel programme, il se positionne contre le fédéralisme et pour une Europe des nations, mais, dans le même temps, il se dit favorable à la création d’une défense commune européenne et même, à la mise en commun des dettes des Etats de la zone euro. Il souhaite en outre la mise en œuvre d’une sorte de Premier ministre de la zone euro. Côté commerce, il veut à la fois la fin du Tafta et la négociation d’un nouveau partenariat entre l’UE et la Russie. Il faut dire que Fillon est pro-russe – en 2009, il avait d’ailleurs signé avec Poutine de nombreux accords commerciaux dans les domaines de l’énergie, de la défense et de l’automobile.

>> A lire aussi : Le Royaume-Uni «out», l’Europe se dotera-t-elle d’une défense commune?
Les marchés financiers

Ce qu’elle a fait : Thatcher voulait que Londres détrône Wall Street. Cet objectif n’a pas été atteint mais elle a donné à la City les bases lui permettant de devenir la première place financière d’Europe. Elle a dans le même temps encouragé le grand public à se tourner vers la Bourse – le nombre de détenteurs d’actions a presque quadruplé en dix ans, passant de trois millions en 1980 à onze millions en 1990.

Ce qu’il veut faire : Si Hollande voyait dans la finance son « ennemie », Fillon ne dit rien sur ce sujet dans son actuel programme. En revanche, il veut favoriser l’actionnariat salarié, y compris dans les PME, et plus largement l’investissement des particuliers. Son objectif : que les Français orientent leurs économies vers l’investissement productif plutôt que vers l’épargne. Il veut notamment instaurer une taxe unique à 30 % des plus-values et des dividendes à la place de l’actuelle imposition à barème progressif.

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