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Et le Français Thomas Pesquet entra dans la Station spatiale internationale

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Et le Français Thomas Pesquet entra dans la Station spatiale internationale

Message  tisiphoné le Dim 20 Nov - 20:02

20.11.2016


À 28.000 km/h et 400 km au-dessus du globe terrestre, la capsule Soyouz s'est accrochée à l'ISS samedi soir peu avant 23 heures.

Après deux longues journées dans le volume étriqué de la capsule Soyouz avec le Russe Oleg Novitsky et l'Américaine Peggy Whitson, Thomas Pesquet est enfin entré dans la Station spatiale internationale (ISS), sa nouvelle résidence pour les 6 prochains mois.

Amarrés samedi à 22h58 à l'ISS, les trois nouveaux pensionnaires ont encore dû patienter deux heures et quarante-deux minutes exactement, jusqu'à 01h40 dimanche, avant de pouvoir entrer. Le temps de s'assurer de la parfaite étanchéité entre Soyouz et l'ISS. Après ces presque trois heures d'attente, dans les 2,5 m de long du minuscule Soyouz, les trois nouveaux passagers de l'ISS ont été accueillis par leurs prédécesseurs arrivés le 19 octobre, l'Américain Shane Kimbrough et les Russes Sergueï Ryjikov et Andreï Borissenko. Le premier à entrer dans l'ISS a été Novitski, suivi de Pesquet et enfin de Whitson.

Cette phase d'attente n'aura été qu'une formalité après avoir réussi l'opération de loin la plus délicate: l'accostage en douceur de deux véhicules voyageant à 28.000 km/h autour de la Terre.

» VIDÉO - La station spatiale internationale (presque) comme si vous y étiez

La manœuvre de rendez-vous entre le Soyouz MS-03 et l'ISS avait débuté samedi soir, vers 20h40. La capsule russe était alors encore très loin de sa cible, sur une orbite intermédiaire autour de 320 km d'altitude, alors que l'ISS tourne à 410 km d'altitude. Toute cette phase de rapprochement demande une attention toute particulière aux astronautes, car les manœuvres à réaliser sont loin d'être intuitives. En effet, en orbite autour d'une planète, il ne suffit pas de pointer son vaisseau vers la cible et d'allumer les moteurs pour la rejoindre. Si on tente de rattraper un objet sur la même orbite en accélérant, les lois de Kepler décrivant les orbites vont entraîner aussi une hausse de l'altitude, ce qui éloigne en fait de la destination recherchée.
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Une technique de rendez-vous initialement inventée par Buzz Aldrin

C'est pour cette raison que les Américains n'ont pas réussi leur première tentative de rendez-vous en orbite, lors de la mission Gemini 4 en 1965. Les réflexes d'aviateur de l'astronaute James McDivitt ne lui avaient alors été d'aucune utilité. En fait, les ingénieurs de la Nasa qui avaient conçu la mission n'avaient pas encore intégré les règles d'un rendez-vous orbital réalisé à vue. Des règles pourtant parfaitement décrites en 1963 par Buzz Aldrin (qui sera plus tard le second homme sur la Lune) dans sa thèse de doctorat.

» Thomas Pesquet en route vers les étoiles
L'Américaine Peggy Whitson qui accompagne le Français Thomas Pesquet avec le Russe Oleg Novitsky.

Mais depuis l‘invention des bonnes procédures par Aldrin, l'opération est heureusement parfaitement maîtrisée, et le vaisseau russe, partant d'une orbite plus basse, doit donc allumer ses moteurs à deux reprises pour accélérer, et se hausser à la même altitude que la station. Vers la fin, l'approche se déroule à très faible vitesse, à seulement quelques centimètres par seconde lors des derniers mètres pour éviter tout risque de collision.

À bord du Soyouz, c'est le pilote Oleg Novitsky qui était aux commandes, comme ses compatriotes à bord de la station, qui ont eux aussi pris le contrôle de l'ISS. L'amarrage devait impérativement avoir lieu sur le côté russe de la station, sur un module équipé de systèmes de jonction dédiés au Soyouz, car les modules américains ont des écoutilles avec un système non compatible.

Pendant six mois, le Français Thomas Pesquet va réaliser à bord de l'ISS pas moins de 62 expériences pour le compte de l'Agence spatiale européenne (ESA) et du Centre national d'études spatiales (Cnes, France). Et 55 autres en coopération avec les agences spatiales américaine, canadienne et japonaise. Le Français étudiera ainsi l'impact de l'apesanteur sur la musculature, une analyse dont les résultats pourraient aider à soigner les myopathies. Il essaiera aussi des technologies susceptibles de révolutionner la purification de l'eau ou des matières autonettoyantes utilisables à terme dans les hôpitaux.

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