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A l’aéroport Atatürk d’Istanbul : « Demain, ce sera oublié »

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A l’aéroport Atatürk d’Istanbul : « Demain, ce sera oublié »

Message  tisiphoné le Mer 29 Juin - 19:02

29.06.2016

Quarante et une personnes y ont perdu la vie la veille dans un triple attentat suicide. Pourtant, mercredi 29 juin, à l’aéroport Atatürk d’Istanbul, les affaires semblent avoir repris leur cours ordinaire. Voyageurs, personnels navigants, agents de sécurité et employés des nombreux commerces et restaurants qu’abritent les halls de l’aéroport vaquent à leurs occupations, vont, viennent et patientent, formant la foule habituelle des grands aéroports internationaux.

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Au voisinage des zones de sûreté délimitées par la police turque autour des trois points où les terroristes ont déclenché leurs charges explosives, certains se hasardent sans s’arrêter trop longtemps à sortir leurs téléphones portables pour capturer au passage quelques images et s’approprier les traces des attaques survenues moins de vingt-quatre heures auparavant. Le personnel d’entretien œuvre déjà à les faire disparaître puisque les enquêteurs, dit-on, ont fini leur travail.

A l’entrée du hall des arrivées situé au premier niveau de l’aéroport, une palissade de métal est dressée autour de l’endroit où l’un des terroristes s’est fait exploser. Une décision judiciaire prise hier soir interdit la diffusion par les médias de toute information relative à l’attentat de l’aéroport Atatürk qui ne soit pas de source officielle et gouvernementale. Malgré cette pratique devenue ordinaire en Turquie en cas d’attaque terroriste, plusieurs journalistes de télévisions turques ont fait le déplacement, promenant leurs caméras d’impacts de balles en vitres brisées, témoignages muets d’une attaque dont le déroulé n’est pas encore connu dans les détails.

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L’explosion déclenchée à cet endroit a eu lieu à l’extérieur de l’aéroport, en dehors du dispositif de sécurité qui protège l’aéroport d’Istanbul, à proximité de la voie d’accès empruntée par les bus et les taxis qui prennent en charge les passagers. Des agents des « équipes spéciales » de la police turque arpentent les environs, croisant le flux des passagers contrôlant à l’occasion l’identité de l’un d’entre eux.
Une odeur de mort

Murat (son nom a été modifié) fume une cigarette à proximité en regardant les agents de maintenance de l’aéroport commencer à réparer les faux plafonds soufflés par l’explosion. Employé d’un café de l’aéroport, témoin des attentats la veille, il a préféré passer la nuit ici pour reprendre son poste ce matin. « J’ai entendu les explosions et les tirs hier. Deux ont eu lieu ici au premier niveau. Tout est en train de revenir à la normale, c’est mieux comme ça. Demain ce sera oublié. »

Derrière lui, des ouvertures béantes pratiquées dans les parois vitrées du terminal par une deuxième explosion, survenue à l’intérieur même du hall. Un autre terroriste a pu pénétrer le périmètre protégé, attaquant à l’arme automatique les portiques détecteurs de métaux et les scanners à rayon X qui gardent l’entrée du hall pour se faire exploser au milieu du point de passage entre la zone internationale et le hall des arrivées. Bien que largement endommagé, cet espace n’a pas perdu sa fonction. Quelques palissades amovibles frappées du mot « Maintenance » entourent le lieu de l’explosion et masquent imparfaitement les destructions occasionnées. Dans cette zone, une odeur de mort. A proximité immédiate, les commerces ont rouvert avec leurs présentoirs de friandises.

Les attentats du 28 juin se sont traduits par l’annulation de certains vols prévus mercredi mais l’activité se poursuit bien que de nombreux voyageurs ayant manqué leur correspondance la nuit précédente sont réorientés vers des vols ultérieurs. « Tout sera rentré dans l’ordre demain », veut croire Mehmet qui dirige une agence de voyage située dans le hall des départs de l’aéroport Atatürk. Il est à son poste hier lors de l’attaque de ce hall par un troisième terroriste. La porte en verre de son bureau, atteinte par un tir d’arme automatique, a volé en éclat, mais l’ordinateur qui lui sert à effectuer des réservations de billets d’avion est toujours en état. Après une nuit blanche, il est revenu travailler ce matin. Son agence est située à proximité immédiate d’un point de contrôle marquant l’entrée du hall des départs qu’un des assaillants a pu traverser après avoir ouvert le feu.

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Projections de sang

Mehmet avait alors eu le temps de se cacher sous son bureau en attendant l’intervention de la police. Dans sa cache de bois contreplaqué, Mehmet a pu entendre le terroriste tirer et traverser le hall sur plusieurs centaines de mètres avant d’être blessé par un membre des forces de sécurité et de se faire exploser, une fois à terre, à proximité d’un salon d’attente.

Si la zone où l’explosion a eu lieu est fermée par un cordon de sécurité et masquée partiellement par deux grands drapeaux turcs encadrant un portrait officiel de Mustafa Kemal Atatürk, à cet endroit, le haut plafond du hall et les colonnes couvertes d’un revêtement métalliques qui le supportent sont maculés de projection de sang. Ces traces, plus difficiles à atteindre et à donc effacer, restent parfaitement visibles pour les passagers qui prennent leurs repas sur la terrasse d’un fast-food, à quelques dizaines de mètres de là.

« Le tourisme va mal », admet Mehmet dans son agence de voyage sans porte : « Ce qui s’est passé hier, c’est aussi mauvais pour l’économie. Heureusement qu’on vient de faire la paix avec Israël, les touristes israéliens ont l’habitude des attentats, au moins eux, ils n’ont pas peur ! »

L’attentat de l’aéroport Atatürk est la cinquième attaque terroriste perpétrée en territoire turc à avoir été attribuée par les autorités d’Ankara à l’Etat islamique en moins un an. Comme les précédentes, elle n’a toujours pas été revendiquée. Tout autant que la violence, l’incertitude quant à ses causes devient ordinaire en Turquie.

Lire aussi : L’Etat islamique n’a pour l’instant jamais revendiqué d’attaques en Turquie
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