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Scandale pédophile : l’étonnante désinvolture affichée par le cardinal Barbarin

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Scandale pédophile : l’étonnante désinvolture affichée par le cardinal Barbarin

Message  tisiphoné le Mar 15 Mar - 22:48

15.03.2016

Confronté à une nouvelle plainte pour non-dénonciation d'un crime pédophile et appelé par Manuel Valls à "prendre ses responsabilités", le cardinal Philippe Barbarin a tenu ce mardi 15 mars une conférence de presse au cours de laquelle il a nié "avec force" avoir couvert "le moindre acte de pédophilie" dans son diocèse de Lyon. Pour le reste, l'archevêque a adopté un ton qui contrastait avec la gravité de la situation.


“La gravité des faits qui ressurgissent donnent une gravité particulière à notre rencontre…”. A la suite des accusations qui se succèdent devant la justice et dans la presse, le visant en particulier pour non-dénonciation de crimes, l’archevêque de Lyon Philippe Barbarin a tenu ce mardi 15 mars, en marge d’une réunion des évêques de France, une conférence de presse afin de livrer sa version des faits : “Jamais, jamais, jamais je n’ai couvert le moindre acte de pédophilie”.

Mais avant le fond, ce qui frappe dans cette intervention est l’apparente décontraction du primat des Gaules. Lequel, au fur et à mesure de son discours, aura la langue tellement déliée qu’il finira par lâcher : “La majorité des faits, grâce à Dieu, sont prescrits”. Loué soit le Seigneur… Repris plus tard par un journaliste qui lui demande de s’expliquer sur cette formule qu’il n’a pas corrigée de lui-même, il répondra sans avoir l’air encore d’en mesurer la portée: “Oui je vous remercie (...), c’est vraiment une erreur de mon langage, je le reconnais volontiers.” Un lapsus représentatif de l'état d'esprit du cardinal ?
"C’est peut-être un point sur lequel il faut qu’on progresse…"

Pour être juste, il faut préciser que l’affabilité et la simplicité d’expression sont des traits connus du cardinal Barbarin. N’empêche, dans des circonstances dont il a lui-même souligné la gravité, un peu plus de rigueur n’aurait pas été malvenue pour éviter l’apparence du je-m'en-foutisme. D’autant qu’au-delà de la forme, le cardinal a pris soin de distiller, tout au long de son intervention, les clefs nécessaires pour le dédouaner non seulement lui, mais aussi l'Église…

Évoquant les victimes, d’abord - “Ils savent que je prie pour eux” -, le cardinal souligne, entre deux marques de compassion, que les faits qu’on lui reproche d’avoir tus sont prescrits : “Plusieurs sont meurtris, même, de ne pas avoir parlé avant que la prescription ne vienne…” Avant de s’interroger, tout de même : “C’est là peut-être que nous avons à dire, même pour des faits anciens, une prescription juridique du droit français, eh bien du point de vue pastoral ça ne vaut pas, et puis c’est tout, voilà, c’est peut-être un point sur lequel il faut qu’on progresse…”. Peut-être, oui.
“Il y a beaucoup d’actes de pédophilie dans la société…"

Et si le prélat n’est pas plus sûr que cela d’une nécessité pour l’Église de revoir ses pratiques, c’est sans doute parce que, lui, regarde le tableau global : “Il y a beaucoup d’actes de pédophilie dans la société, on dit majoritairement dans les familles, on en a vu de tragiques et récents dans l’Education nationale…” D’ailleurs, appuiera à ses côtés le président de la conférence des évêques, “c’est une question nouvelle pour nous, une question dont nous voyons qu’il nous faut la travailler…” Vous avez bien lu : 14 ans après l’énorme scandale de Boston qui a donné lieu au film Spotlight, après 20 ans d’affaires successives dans le monde entier, 15 ans après la condamnation en France de l'abbé Bissey pour une douzaine de viols et d’agressions sexuelles sur mineurs et celle de son évêque Pierre Pican pour non-dénonciation, les prêtres pédophiles sont une “question nouvelle” pour l’Eglise de France !

Avec une telle vision des choses, les deux enrobés de noir peinent à comprendre que la société leur demande tant de comptes. A ce sujet, Philippe Barbarin relève d’ailleurs ce paradoxe en s’esclaffant : “Alors, on m’a reproché de n’avoir pas parlé et d’avoir trop parlé, c’est assez…” drôle ? Non, le prélat se reprendra avant d’en arriver jusque-là. Mais, tout en soulignant que “la vérité libère”, il précise d’emblée qu’il n’a pas l'intention de se libérer trop souvent : “Dans quelques occasions mesurées, que je recommencerai le moins possible, je suis heureux de dire les choses avec très grande clarté”. Heureux soit Monseigneur.

Quant à ce Premier ministre qui s’est permis, le matin même sur RMC, d’appeler l'archevêque de Lyon à “prendre ses responsabilités”, les deux hommes en rient encore ouvertement, le président de la conférence des évêques ironisant même : “J’admire la laïcité de notre pays !” Après avoir martelé par trois fois la “présomption d’”innocence”, le cardinal Barbarin entend lui prouver qu’il applique ce conseil, en résumant lui-même son intervention d’une phrase : “Voyez, il y a quelque chose, c’était réglé, voilà comment ça c’est passé, on s’est peut-être trompé”. Basta.

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