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L’ENA ne veut pas d’élèves formatés

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L’ENA ne veut pas d’élèves formatés

Message  tisiphoné le Lun 14 Mar - 22:13

14.03.2016

Les énarques ont-ils été des clones ? Si de nombreux détracteurs soulignent régulièrement la déconnexion de la réalité et la frilosité de cette élite, il est plus rare de voir affleurer ces critiques sous la plume… du président des jurys de la grande école. Pourtant, dans son rapport des concours de l’année 2015, Jean-Paul Faugère, énarque lui-même et ancien directeur de cabinet de François Fillon à Matignon, a cru bon de préciser que l’ENA « n’a pas vocation à recruter de simples observateurs », mais des individus « capable de s’engager », aussi « éloignés que possible de tout formatage » !

Lire aussi : L’ENA réforme ses conditions d’accès aux concours

Ce document, qui dessine le profil des candidats, est le premier publié depuis la réforme de l’organisation des concours d’entrée, en œuvre depuis janvier. Il prend en compte l’introduction d’une  « épreuve collective d’interaction  » qui vise à tester les qualités relationnelles  des candidats, à identifier leur comportement et leur apport à la vie d’un groupe. Les résultats à cette nouvelle épreuve seraient « conformes ».
Excès de conformisme

M. Faugère a particulièrement commenté l’épreuve dite de « question contemporaine », qui offre aux candidats l’opportunité de développer l’idée qu’ils se font du « sens de l’Etat ». Un sujet que l’on imagine particulièrement concernant lorsqu’on se destine à diriger les plus hautes instances de l’administration publique. Or « les résultats observés ne sont pas entièrement convaincants, commente le rapport. Le conformisme répétitif de certaines copies pouvant décevoir. »

Alors que l’école dit chercher chez ses futurs élèves des qualités telles que « l’ouverture intellectuelle », « l’authenticité de conviction », les candidats à ce nouveau millésime d’énarques seraient un peu trop gris. Mais pas seulement.

En plus de la « question contemporaine », d’autres thématiques, comme les finances publiques et les questions européennes, ont laissé dubitatifs les examinateurs, qui ont délivré des notes « plutôt décevantes ». Des mauvais points d’autant plus regrettables que « nul n’ignore le défi qui est lancé à notre pays s’agissant du redressement des comptes publics » et que le cadre européen est « la trame dont tiennent compte l’ensemble des dimensions de l’action publique ». Les futurs énarques sont priés d’apprendre à conduire l’autobus Europe avant de prendre le volant de la voiture France.

Lire aussi : L’ENA doit se réformer pour survivre

Le concours maintient son « attractivité » : le nombre d’inscrits est en baisse de 6,58 % par rapport à 2014, mais il est équivalent à celui de l’année 2012, souhaitent retenir les auteurs. Très sélectif, avec 950 candidats pour 90 places cumulées dans les trois voies de concours (externe, interne et troisième concours), il n’a cependant attribué que 37 des 38 places ouvertes au concours interne, « en raison d’un niveau jugé insuffisant ».

Par quelles écoles sont passés les élus de cette cession 2015 ? Souvent par les mêmes. En ce qui concerne le concours interne, la voie royale se nomme l’Institut de la gestion publique et du développement économique, qui fournit 73 % des lauréats, soit 26 sur 37. Loin devant l’Institut d’études politiques de Grenoble, avec seulement 2 admis.
Toujours pas de parité

Côté concours externe, les deux écoles préparatoires qui se distinguent par le nombre de leurs élèves qu’elles conduisent jusqu’aux portes de l’ENA sont, en 2015, la Prep Ena Paris-I ENS avec 13 admis, suivie par Sciences Po Paris (10 admis). On peut également noter que 67,5 % des admis sont diplômés d’un IEP, parmi lesquels on retrouve notamment Paris, Strasbourg, Bordeaux et Lille.

Quant à la parité au sein de l’école, elle n’est pas pour tout de suite… ni pour demain. S’agissant du concours interne, avec plus de 46 % des femmes reçues, la parité est presque atteinte. Mais pas en ce qui concerne le concours externe, où le pourcentage de femmes plafonne à 42 %, comme en 2014 et 2012. Enfin au troisième concours, 65 % des admis sont des hommes. Pourtant, en janvier 2013, le gouvernement et les exécutifs de l’enseignement supérieur français avaient signé une charte afin d’aboutir au plus vite à la parité entre les femmes et les hommes dans toutes les disciplines, tant chez les étudiants que parmi le personnel, le corps professoral, les chercheurs et les dirigeants. Un vœu pieux.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/campus/article/2016/03/14/l-ena-ne-veut-pas-d-eleves-formates_4882572_4401467.html#yJM9ts3ORzh6Scqj.99


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