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ne faites pas de Raul Castro un président normal

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ne faites pas de Raul Castro un président normal

Message  tisiphoné le Mar 2 Fév - 8:30

02.02.2016

Alors que le chef de l’État cubain est en visite officielle à Paris, le Président de la République ne peut passer sous silence les innombrables attaques du régime castriste contre les journalistes cubains.

A croire Élysée, la visite du président cubain Raul Castro en France permettra un «renforcement des relations» sur des thèmes aussi variés que l’économie, la politique, la culture… Beau programme. Prévoir un échange chaleureux et une belle photo sur le perron du palais. Derrière le personnage public de Raul Castro se cache pourtant le représentant d’une des dernières dictatures encore en action. François Hollande, qui s’honorerait d’aborder les questions qui fâchent sur les droits de l’Homme, notamment la liberté d’expression, ne l’ignore absolument pas.

«Rien ne peut justifier les dérives castristes», écrivait le président de la République en 2003 dans une tribune intitulée «Dire la vérité», publiée dans l’hebdomadaire qui s’appelait alors Le Nouvel Obs. Celui qui n’était alors que premier secrétaire du Parti socialiste appelait à «soutenir le peuple cubain jusqu’au bout et dire la vérité sur l’inhumanité de l’embargo comme sur le régime cubain» et exigeait «la libération de tous les prisonniers politiques et l’abolition de la censure». De jolies déclarations.

François Hollande fera-t-il en sorte de «dire la vérité» à celui qui pendant des années, dans l’ombre de son grand frère Fidel, s’est acquitté des tâches les moins reluisantes du castrisme ? L’autoritarisme du régime s’accompagne encore d’un contrôle minutieux de l’information diffusée à l’intérieur et à l’extérieur du territoire. Cuba est depuis trop longtemps le pays d’Amérique latine dont la situation de la liberté de la presse est la plus catastrophique. En 2015, il occupait la 169ème place - sur 180 pays - au Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF).

Parcours du combattant

Depuis 1959, et malgré des améliorations, le travail des journalistes et des blogueurs indépendants cubains s’apparente à un parcours du combattant. Ils sont confrontés quotidiennement à la répression du gouvernement, qui a imposé un monopole quasi-total sur la diffusion de l’information et muselé la presse libre et d’opposition, grâce à un arsenal de lois contraignantes, une répression policière féroce et un nombre incalculable de condamnations infondées. Les médias qui n’ont pas reçu d’autorisation officielle sont censurés et jugés illégaux par le gouvernement.

Les irréductibles qui tentent de résister à la mainmise sont victimes de harcèlements, de menaces et d’arrestations arbitraires. Lors de la récente visite du pape, des journalistes d’opposition et des blogueurs ont été «invités» par la police secrète à rester chez eux, sous peine d’être envoyés en prison. Enfin, triste tradition depuis 38 semaines consécutives, chaque dimanche, les reporters qui couvrent la marche pacifique des ‘Damas de Blanco’ (hashtag #todosmarchamos) dans les rues de La Havane sont systématiquement arrêtés et placés en détention, avant d’être relâchés quelques heures plus tard.

Cuba figure parmi les pays les plus restrictifs en matière d’accès à Internet. Si, selon les chiffres officiels, 25% de la population a accès à un Intranet - qui chante les louanges du régime - moins de 5% des Cubains ont Internet chez eux, selon le rapport 2015 de la Commission du haut débit des Nations Unies. Débit très lent, prix de connexion exorbitants : les Cubains ont du mal à se connecter. Quant à wifi, même problème, il n’existe actuellement qu’une centaine de «spots» dans le pays. Autant dire que l’accès à une information plurielle est toujours largement contrôlé.

L’embargo américain, qui avait largement contribué à l’isolement de Cuba, a beau avoir été progressivement relâché, cela n’a pas pour autant changé la réalité du peuple cubain. Pas plus que le rétablissement officiel des relations diplomatiques avec les Etats-Unis, le 1er juillet 2015, n’a conduit à une amélioration sur le front des droits de l’Homme et de la liberté d’expression. Au contraire, la pression s’est accentuée contre la presse d’opposition. Selon les données collectées par RSF, les exactions (interpellations et arrestations, notamment) contre les journalistes se sont accrues dans le sillage du rétablissement des relations diplomatiques entre La Havane et Washington !

François Hollande ne doit pas esquiver la question fondamentale de la liberté de la presse à Cuba lors de ses échanges avec Raul Castro. Les innombrables attaques du régime castriste contre les journalistes cubains ne doivent plus être acceptées. La France doit profiter de cette visite pour faire avancer le débat sur le pluralisme des médias et sur la protection des journalistes à Cuba, et plus largement sur la place que doivent occuper les citoyens cubains dans la modernisation du pays. Sans cela, cette visite n’aura permis que d’adresser un grand pied de nez au peuple cubain qui subit le régime depuis trop longtemps et vit depuis trop longtemps dans une dangereuse bulle.

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