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mort dans un lave-linge: procès d'une maltraitance invisible

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mort dans un lave-linge: procès d'une maltraitance invisible

Message  tisiphoné le Mar 8 Sep - 8:28

08.09.2015


Le 25 novembre 2011, le petit Bastien, trois ans, est mort dans le tambour du lave-linge de ses parents. Ce mardi, son père comparaît à Melun pour "meurtre aggravé", sa mère pour "complicité".


Que s'est-il passé le 25 novembre 2011 dans un petit appartement insalubre de Germigny-l'Evêque en Seine-et-Marne? Qui a placé le petit Bastien, trois ans, joues rebondies d'enfant et cheveux blonds tombant légèrement sur le front, dans le tambour du lave-linge avant de le mettre en route? Et comment expliquer que les services sociaux qui suivaient la famille n'ont rien vu venir? Quatre ans après les faits, les versions de ses parents continuent de diverger sur ce qui a conduit à la mort de leur fils. Christophe Champenois et Charlène Cotte, 33 et 25 ans au moment des faits, comparaissent à partir de ce mardi devant le tribunal de grande instance de Melun. Lui devra répondre de "meurtre aggravé", elle de "complicité".

Quand le corps sans vie de Bastien est retrouvé ce 25 novembre 2011, il est gelé et désarticulé, couvert de bleus et victime de nombreuses fractures. Il a chuté dans l'escalier, affirment les parents. Pour le réanimer, ils l'auraient plongé dans une baignoire en plastique remplie d'eau où le petit garçon se serait noyé. Une explication qui ne tient pas longtemps.

Alcool et médicaments


C'est de la bouche de Maud, l'aînée âgée de cinq ans à l'époque, que vient une autre version: Bastien a été mis dans la machine à laver par son père. Une histoire de punition pour un mauvais comportement à l'école. La veille, le garçonnet aurait jeté dans les toilettes le dessin d'une de ses camarades de petite section de maternelle. Les propos de la fillette corroborent les résultats de l'autopsie et l'analyse d'éléments matériels. La mère craque en garde à vue. Le couple explose. Le père accuse la mère à son tour.

Christophe Champenois, aujourd'hui, ne "nie pas farouchement". Mais il affirme qu'il "ne se souvient plus de grand chose de cette soirée", rapporte à L'Express son avocat, Jean-Christophe Ramadier. Le conseil décrit un homme seul, sous traitement, "très diminué par la maladie neurologique dont il souffre", ce qui "complique la préparation de l'audience". Les expertises psychiatriques reconnaissent sa responsabilité pénale. Mais maître Ramadier attend que les experts "expliquent comment la maladie, la dépression et l'ingestion d'alcool et médicaments ne peuvent avoir eu une influence sur un passage à l'acte éventuel".

Régulièrement enfermé dans le placard

Peuvent-il pour autant expliquer la maltraitance infligée au petit bien avant cet acte de cruauté extrême? Car l'homme reconnaît des punitions "que lui et sa compagne donnaient à Bastien". Le petit garçon était parfois posé sur le rebord de la fenêtre, emmailloté dans des couvertures, en guise de punition. Régulièrement, il était enfermé dans le placard.

"Le père est un homme d'une extrême violence, abonde Gérard Zbili, l'avocat de Charlène Cotte. Ma cliente était complètement sous son emprise. Le jour des faits, elle a tenté de l'en empêcher en vain. Aujourd'hui, elle a ouvert les yeux sur la condition qui est la sienne. Elle est brisée, effondrée par la mort de son enfant." Un père d'une "violence extrême", une mère "sous son emprise". Le tableau est-il si simple?

Enfant non désiré par le père


"J'espère que l'on ne va pas laisser la mère de côté dans cette histoire, lâche Rodolphe Costantino, avocat de l'association Enfance et partage qui s'est constituée partie civile. C'est bien une affaire à deux. L'argument des violences dont elle faisait l'objet de la part de son compagnon ne tient pas pour expliquer sa passive complicité. Elle n'a jamais essayé de couvrir ou protéger son fils, au contraire."

Bastien est né dans un contexte difficile. Enfant non désiré par le père, déni de grossesse de la mère. Le couple est sans emploi, vit dans un logement insalubre de 30 m². "Ce sont des gens intellectuellement carencés, admet même maître Gérard Zbili. Ils ne sont pas pourvus de réactions normales. C'est important de le savoir pour appréhender l'affaire dans son intégralité." Bastien est décrit à l'école comme un élève turbulent, souffrant d'un retard de langage. La famille est suivie par les services sociaux depuis 2006. Mais de là à penser qu'ils pourraient en arriver là...

"Des parents qui jouaient le jeu"


"C'est un passage à l'acte qu'aucun des professionnels qui intervenaient dans cette famille n'imaginait possible", se défendait à l'époque Christine Boubet, directrice générale adjointe chargée de la solidarité au Conseil général de Seine-et-Marne, en 2011. "Nous n'intervenons que lorsque les familles sont dans le rejet de l'éducation, là ce n'était pas le cas, ils n'avaient jamais manqué un rendez-vous."

"Les services sociaux ont été aveuglés par les difficultés matérielles du couple. Les violences leur ont complètement échappé. Comme si le décor était plus visible que les acteurs", décrypte maître Costantino. "En ce qui concerne la maltraitance, les parents vont faire tout le travail de dissimulation qu'il fallait. C'est toujours pareil. Les visites sont programmées. Et c'était des parents qui jouaient le jeu." Un jeu tragique dont ils doivent aujourd'hui répondre et expliquer quel rôle chacun a joué précisément ce 25 novembre 2011 où tout a basculé.

je suis toujours abasourdie de lire que les services sociaux prennent RDV, ce sont des visites surprises qui peuvent mettre à jour ce genre de cas de maltraitance .
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